Congrès RANACLES 2017 | Corte

Appel à communications
Les Centres de langues, fédérateurs de diversité(s) ?

On dit de la diversité qu’elle est une richesse, mais encore faut-il qu’elle puisse faire sens pour la société et pour l’institution. Situé au carrefour de plusieurs logiques, académique, économique et sociale, le Centre de Langues (désormais CL[1]) est le lieu d’expression de cette diversité. Outil satellite ou dispositif intégré, comme décrit par Rivens Mompean & Scheer (2003), ouvert aux étudiants de toutes composantes, le CL propose des formations dans plusieurs langues, qui s’adressent souvent à d’autres publics, qu’ils soient internes à l’institution ou externes. De fait, le CL réduit les barrières existantes entre les espaces, les enseignants et les langues. En considérant toutes les langues sur un pied d’égalité, il apparaît comme un véritable outil de nivellement qui participe à la revalorisation du statut des langues vernaculaires, comme les langues régionales, ou des langues MoDiMEs (langues Moins Dites et Moins Enseignées). De par la valorisation des compétences individuelles et leur reconnaissance par le biais des certifications, il favorise le multilinguisme. Le CL impulse une dynamique qui n’est pas commune à l’Université, où la diversité (didactique notamment) est souvent synonyme de parcellisation (chacun définissant ses propres objectifs de formation) et donc de déperdition qualitative en termes d’offre de formation. Ainsi le CL rassemble, mais fédère-t-il également ? En d’autres termes, le CL peut-il ouvrir sur la définition d’objectifs et de parcours de formation communs et transversaux qui donne sens aux actions?

Faire le choix de la « diversité » comme thématique, c’est remettre en perspective l’utilité du CL au sein de l’institution et s’interroger sur son rôle fédérateur. Le CL permet de répondre à différents types de besoins en proposant une offre flexible de services multiple et variée. Les utilisateurs du CL peuvent avoir des motivations différentes et venir d’horizons divers, certains désireux de s’ouvrir des perspectives à l’international, et d’autres nécessitant une formation ou une certification de leur niveau pour intégrer le tissu économique local. En effet, on ne considère pas l’anglais comme on considère le corse par exemple : on ne considère pas un étudiant qui souhaite effectuer une mobilité, comme on considère un étudiant qui doit valider un niveau CECR pour étoffer son CV, on ne propose pas la même formation à un enseignant dans une logique EMILE, qu’à un personnel administratif qui veut obtenir une certification, etc. À la diversité des besoins s’ajoute la diversité des statuts : statuts des langues, des personnes et des personnels.

Depuis la parution du CECR, et plus précisément des référentiels de compétences, certaines langues ont pu être revalorisées grâce au CL, seule entité qui, dans de nombreux cas, permette l’émergence de langues autres (formations LANSAD) que les langues proposées dans le cadre strict des cartes de formations ; l’offre se limitant souvent à l’anglais, plus une ou deux langues pour le choix de la LV2. Il est effectivement désormais possible, de valider un niveau européen de compétences dans une langue régionale, MODIME ou internationale. Le CL rassemble ce qui semble opposé avec si l’on prend le cas de l’anglais et du corse, d’un côté une langue véhiculaire, langue de communication internationale par excellence, et de l’autre une langue vernaculaire, langue régionale à forte empreinte identitaire. La diversité de statut se teinte alors de diversité culturelle.

Enseigner dans un CL, c’est avoir l’opportunité d’expérimenter et de mettre en œuvre de nouvelles pratiques pédagogiques, c’est repenser le parcours de formation et gagner en liberté grâce au nombre de possibles offerts par le centre là où l’apprenant gagne en autonomie. Pour l’enseignant LANSAD cela signifie l’intégration d’une équipe de linguistes, la confrontation de ses pratiques, ainsi qu’une mise en lumière personnelle (individu identifié) et professionnelle (enseignement reconnu) ; l’enseignement de LVE bénéficiant dans la plupart des cas d’une considération moindre au sein des filières de spécialités autres que les langues. Intégrer un CL, ou même seulement intervenir dans un CL, permet d’évoluer dans un environnement à même de rendre plus visibles les actions de formation en LANSAD.

Le CL permet par ailleurs de répondre à une diversité d’enjeux, autres que linguistiques. Les enjeux didactiques (niveau micro) sont les plus prégnants mais ils se doublent d’enjeux sociaux (niveau méso) qui découlent de l’évolution des missions de l’université vers la professionnalisation et la formation du citoyen européen, et satisfont alors des enjeux économiques et politiques aux niveaux nationaux et européens (niveau macro). L’enjeu politique peut aussi se situer au niveau régional, par le rôle que peut jouer le CL pour la défense d’une langue. Enfin, l’enjeu institutionnel est également rendu prégnant par le gain en lisibilité qu’apporte le CL. De par la production d’indicateurs chiffrés, qui seront pris en compte dans le cadre de l’évaluation des établissements d’enseignement supérieur, les actions sont rendues visibles et permettent une valorisation de l’institution.

 

Les communications pourront porter sur les axes suivants (liste illustrative mais non exhaustive) :

 

Le CL, fédérateur d’une diversité de besoins ?

  • Besoins en personnels enseignants ?

  • Besoins en formations (projets individuels)?

  • Besoins liés à la politique de formation de l’établissement ?

  • Besoins liés à la politique linguistique du territoire (langues régionales) ?

 

Le CL, fédérateur d’initiatives de recherche ?

  • Du PRCE/PRAG à l’EC, le CL, un levier vers la recherche ?

  • La recherche-action, un type de recherche cohérente en CL ?

 

Le CL, fédérateur de diversité linguistique?

  • Les langues peuvent-elles être traitées sur un pied d’égalité ?

  • Quelles actions (culturelles, académiques, sociétales etc) au CL pour la revalorisation du statut de certaines langues ?

  • Le CL permet-il d’ouvrir sur des projets multilingues ?

  • Quelle place le CL occupe-t-il et quel rôle joue-t-il dans la politique linguistique institutionnelle?

     

Le CL, fédérateur de diversités didactiques ?

  • Quelles formes d’accompagnement de l’étudiant ?

  • CL, Centre de langues, espaces langues… quelles pédagogies derrière cette diversité d’appellations ?

  • Quelles sont les diverses formes de prise en compte du travail au CL dans les formations?

 

Le CL, fédérateur de diversités humaines ?

  • Quels publics ? Externes ? Internes (administratifs, enseignants-chercheurs) ?

  • Quels enseignants ? Statutaires, contractuels, lecteurs… ?

  • Comment le CL peut-il permettre de gérer la diversité des étudiants LANSAD ?

  • Comment le CL peut-il fédérer des enseignants qui œuvraient jusqu’alors dans l’ombre des équipes de spécialités ?

  • Quels sont les divers acteurs du CL ?

     

Quels sont les outils fédérateurs du CL?

  • Les certifications en langues ?

  • Les équipes du CL : conseils de pilotage, pédagogiques, direction ?

  • Le CL, un espace privilégié de libertés ? Ou, l’appropriation d’un lieu pour l’expression de chacun (tandems etc).

     

Pour soumettre une proposition de communication, cliquez ici.
Date limite : 5 juillet
Date d'acceptation : 15 septembre

 


[1] Nous utilisons dans cet appel l'intitulé "Centre de Langues" (CL) de façon générique, sachant qu'on peut distinguer les CL des Centres de Ressources en Langues (CRL), ces derniers se référant aux espaces d'apprentissage en tant que tels, tandis que CL sont les structures où l'on organise l'enseignement/apprentissage des langues au sens large.

Bibliographie :

Rivens Mompean, A., & Scheer, R. C. (2003). Le Centre de Ressources en Langues: de l’outil satellite au dispositif intégré. ASp. la revue du GERAS, (41-42), 125-141.

Rivens Mompean, Annick. Le Centre de Ressources en Langues : vers la modélisation du dispositif d’apprentissage. Presses Universitaires du Septentrion, 2013

Page mise à jour le 13/04/2017 par STEPHANIE MAC-GAW